Violences, se réapproprier son corps par le sport

Laurence Fischer est une karatéka, triple championne du monde. Son atout : sa force mentale. Sa passion : transmettre cette force aux femmes. Elle a fondé il y a quelques mois une ONG, Fight for dignity, qui oeuvre notamment en RDC. Entretien. Comment es-tu venue au karaté ? À l’adolescence, je n’avais pas une très grande confiance en moi. Je n’aimais pas mon corps. Le regard de l’autre me gênait. Au fond, je ne m’aimais pas. J’étais grande, on m’appelait la « gigue ». Petite, je rêvais de faire de la danse, mais on me disait non parce que j’avais une scoliose, ou encore du théâtre mais je ne correspondais pas à certains critères esthétiques. C’est là que j’ai commencé à faire du karaté, la passion de mon père que je ne voulais pourtant pas suivre. Et cette décision a changé ta vie ? La pratique de ce sport m’a permis de me révéler, cela m’a donné confiance en moi, je me suis rendu compte que […]

Élise Thiébaut : “Et si on changeait les règles ?”

Journaliste et féministe, Élise Thiébaut a fait partie des seize millions de femmes en âge d’avoir leurs règles en France… Elle écrit un ouvrage sur les règles alors qu’elle est ménopausée. Ce qui l’amène aussi à constater que « comme le silence qui suit du Mozart, celui qui entoure la ménopause est encore marqué par le tabou qui l’a précédé ». Entretien. Comment est né cet ouvrage, Ceci est mon sang ? J’ai écrit en pensant à partir de ma propre histoire. J’ai longtemps eu l’envie d’écrire sur les origines de la domination patriarcale. Comment les femmes se sont-elles laissé soumettre ? J’ai beaucoup écrit sans que ce soit publié, à partir de choses que j’ai traversées. J’ai connu l’expérience de l’infertilité, la maltraitance médicale à l’égard des femmes tout au long de ma vie. Quand j’ai atteint la ménopause, cette pression s’est allégée et tout s’est agrégé. Je me suis rendu compte que peu de données existent sur la santé féminine et le système de reproduction. On ne […]

Rayhana : “À mon âge, je me cache encore pour fumer”

Créée en 2009 à la Maison des métallos à Paris, puis présentée en tournée en France jusqu’à ce jour, la pièce de Rayhana, dramaturge et comédienne, sort aujourd’hui sur grand écran, sous sa direction. Une adaptation qu’elle mène avec détermination. Une première réalisation salutaire. Entretien. Pouvez-vous nous dire comment s’est fait le passage des planches au cinéma ? Lorsque ma pièce de théâtre fut jouée à Paris, la productrice Michèle Ray-Gavras et le réalisateur Costa-Gavras étaient venus. Ils m’attendaient à la fin de la représentation. Tout de suite, la productrice m’a proposé que cette pièce devienne un film. Elle m’en donnait le courage, moi qui n’avais jamais réalisé, mais pour elle c’était moi qui devait le faire. « Cette histoire doit être portée au cinéma », disait-elle avec insistance. Il aura fallu plus de trois ans pour que le film naisse. Je n’avais pas la technique mais l’adaptation, la réécriture ne m’ont pas posé de difficultés. Mais si la pièce de théâtre était en français, je tenais à ce […]

Flavie Flament : “J’ai voulu faire connaître le sentiment de solitude et d’abandon qui étreint des victimes de viol dont les faits sont prescrits”

Quelle a été votre réaction lorsque Madame la ministre, Laurence Rossignol, vous a confié le pilotage avec Monsieur Jacques Calmettes de la mission de consensus sur le délai de prescription applicable aux crimes sexuels commis sur les mineur.e.s ? Honorée, j’y ai surtout immédiatement vu une formidable occasion de faire entendre la voix des victimes dans un débat qui les concerne en premier lieu et dont elles sont injustement tenues à l’écart. Après m’être assurée qu’elles auraient une place « d’expertes » au même titre que les législateurs ou les psychiatres, je n’ai pas hésité une seconde. Comment le travail de la mission s’est-il organisé ? L’équipe de la mission s’est constituée avec notamment le concours précieux d’Elisabeth Moiraud-Bron, secrétaire générale de la MIPROF. Nous avons organisé une série de tables rondes que nous tenions à décloisonner. Bien souvent, ceux qui ont un avis sur cette question ne se fréquentent pas. Nous les avons mis en présence pour une meilleure écoute. Ainsi, une victime pouvait débattre avec […]

“Je suis venue du mouvement associatif pour faire de la politique”

Dernière rencontre politique de notre magazine dans cette période d’élection présidentielle. Nous redécouvrons Michèle Rivasi, députée européenne, activiste écolo-féministe au courage sans faille. Ni les secrets d’Etat, ni les promesses de carrière, ni les pressions politiques, n’ont jamais réussi à étancher sa soif d’un monde plus sûr et plus juste. Entre accent de révolte et accent du sud, entretien cash. Quel regard portez-vous sur votre parcours ? Vous auriez pu mener la vie plus calme d’une agrégée de sciences naturelles, il en a été autrement. J’étais professeure à l’IUFM de Valence. Et puis il y a eu Tchernobyl, le 26 avril 1986, son nuage et son mensonge d’État. Il a énormément plu les jours suivants. J’habite une maison à la campagne où l’on dépend beaucoup de l’eau de pluie. J’avais un jardin potager et de jeunes enfants, entre 8 et 10 ans. Quand j’ai fait des prélèvements pour savoir exactement ce qu’il en était, l’eau était bourrée de produits radioactifs. Tchernobyl a été un véritable choc qui a bouleversé votre vie ? Oui, cela a bouleversé ma vie. J’avais alors deux options : soit je […]

Réacs, extrémistes : les ennemi.e.s de mes ennemi.e.s sont mes ami.e.s

Si les fondamentalistes religieux et les extrémistes politiques s’opposent régulièrement, ils sont réunis par une détestation des mêmes groupes : les juifs.juives, les homosexuel.le.s et les féministes. Cas pratique autour des manifestations contre la loi sur le mariage pour tous avec Fabrice Teicher, historien. Comment avez-vous été amené à travailler la convergence entre les mouvements d’extrême droite et les fondamentalistes religieux ? Dans le cadre de mon travail de formateur, j’ai eu l’occasion de rencontrer Natacha Chetcuti-Osorovitz, sociologue spécialisée sur les études de genre. Nous nous sommes aperçu lors des manifestations d’opposition à la loi sur le mariage pour tous que l’on travaillait sur les mêmes acteurs, mais pas du tout avec les mêmes angles d’approche ! Pour autant, la convergence de ces groupes n’est pas un phénomène récent : cela fait plus de vingt ans qu’elle existe. Je préparais ma maîtrise d’histoire sur l’affaire Garaudy et le négationnisme, déjà à l’époque les journalistes étaient surpris de voir côte à côte des skinheads au crâne rasé et des militants pro-palestiniens. Qu’est-ce qui les rassemble ? Les mouvements qui sont aujourd’hui en convergence sont parfois assez opposés, entre extrême droite, […]

Chantal Jouanno – Laïcité sa posture, égalité son combat

Plutôt Juppé que Fillon, plutôt centre que droite, Chantal Jouanno n’en a pas moins pris part aux débats des primaires de droite, assumant son soutien au maire de Bordeaux au moment du face à face final. Présidente de la délégation Droits des femmes du Sénat1, elle incarne un féminisme pragmatique que cette karatéka énarque expose avec raison dans deux rapports publiés récemment. Rencontre. Quel regard portez-vous sur votre parcours, êtes-vous étonnée ? Je ne regarde pas vraiment en arrière, mais je dirais que c’est un parcours improbable, un heureux concours de circonstances. Je suis incapable de me projeter dans l’avenir et de faire des plans en n’ayant jamais peur de passer d’un statut à un autre, au risque de rompre complètement avec une vie antérieure, mais jamais par calcul ou par souci d’organisation. Cependant, votre formation est celle de beaucoup de personnes en politique ? Oui, mais je me suis formée à tout. J’ai un BTS de commerce international, une maîtrise d’administration économique et sociale, puis j’ai fait Sciences Po […]

Flavie Flament – La parole libérée

Flavie Flament, animatrice de télévision et radio, est l’auteure d’un livre, La consolation, dans lequel elle explique avoir été violée à 13  ans par un photographe célèbre, dont elle ne dévoile pas immédiatement l’identité. Ce livre, « je le dédie à toutes les victimes qui se taisent, dans la solitude absolue », dit-elle. C’est en 2009 au décès de son grand-père, rare figure familiale bienveillante, que surgissent des images enfouies, comme si Flavie Flament se trouvait soudain seule au monde, sans protection. Elle ressent de l’angoisse, de l’effroi, « ma tête est une maison ouverte à tous les vents », explique-t-elle. Elle a des malaises, doit s’allonger fréquemment, « des maux, mais pas de mots », elle pressent “l’existence de souvenirs sans savoir d’où ils viennent”. Seul un professionnel, un psychiatre, peut l’aider à démêler cet écheveau en l’accompagnant dans une longue descente en elle-même. Voyage au centre de la mémoire Les souvenirs reviennent, trente ans après, avec une grande intensité, mémoire psychique, mémoire du corps. Elle se souvient de cet […]

Laurence la féministe face à la ministre Rossignol

Est-ce la féministe en elle qui a cultivé une certaine effronterie que l’on n’attend pas d’une ministre ou son irrévérence naturelle qui la poussa jadis dans les bras musclés du MLF ? L’histoire ne le dit pas. Après deux années dans les rangs du gouvernement dont une en tant que ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, Laurence Rossignol reste cash. Juste une thermos de thé entre nous… Entretien. Quel regard portez-vous sur votre parcours ? Vous êtes féministe mais toutes les féministes ne seront pas ministre des Droits des femmes ? Je n’avais jamais réellement envisagé d’être ministre des Droits des femmes. Cela me paraissait assez irréaliste. Je n’ai pas travaillé pour être ministre des droits des femmes. Cependant, tout ce que j’ai fait dans ma vie politique et militante, je l’ai fait en féministe. Le féminisme n’a jamais été un secteur de l’activité politique, mais une grille de lecture qui s’applique à tout ce que j’accompli. Je me suis occupée […]

Femmes de la Commune

Au petit matin du 18 mars 1871, la butte Montmartre à Paris est en effervescence. Les soldats de Thiers sont là ! Ils tentent de s’emparer des canons que les parisiens ont achetés par souscription populaire pour défendre la capitale contre les armées prussiennes. Le peuple de Paris refuse ces conditions. Il veut se battre. Aux avant-postes se trouvent les femmes. Dès le premier jour de l’insurrection, les femmes de Montmartre, tôt levées, sont alertées par le bruit des militaires. Elles entourent les canons, les protègent, interpellent les soldats : « C’est indigne ce que vous faites là… » Lissagaray, auteur en 1873 d’une Histoire de la Commune, rend compte de l’attitude des femmes, il écrit : « Elles n’attendent pas les hommes, elles ont eu double ration de misère. » Des groupes arrivent de tous côtés sur la Butte. Par trois fois leur général, Claude Lecomte, leur donne l’ordre de tirer. Le sergent Verdaguer, qui sera fusillé par les Versaillais après la Commune, lève le premier sa […]

“Nous sommes dans le déni d’un droit fondamental qui empêche l’accès à tous les autres droits”

Les féministes ont agi pendant des décennies pour obtenir de nouveaux droits pour les femmes. Une question est passée à travers toutes les revendications et les avancées : des millions de femmes naissent, vivent et demeurent sans papiers d’état civil donc sans espoir d’autonomie et d’émancipation. Rencontre avec Michèle Vianès qui, depuis plusieurs années, a fait de cette question la pierre angulaire de son combat féministe. Comment vous êtes-vous intéressée à cette question ? Lors d’une rencontre à la Commission sur le statut des femmes à l’Onu avec le ministère des Affaires étrangères et notamment avec Cécile Sportis, une question a été posée sur la non-déclaration des enfants dans le monde. J’ai inscrit ceci dans un coin de ma tête et puis à mon retour je l’ai étudié de plus près et notamment une étude de l’Unicef sortie en 2013. J’y ai appris qu’une des grandes injustices pour beaucoup de femmes dans le monde est qu’elles ne peuvent pas déclarer la naissance de leur enfant. Parallèlement, lors […]

Place aux super-héroïnes !

Les super-héros sont dans l’air du temps : les films sur Iron Man, Batman ou les Avengers se succèdent et une exposition Marvel se tient jusqu’au 25 septembre à La Défense à Paris. Les films, comme l’exposition, touchent un public très large et pourtant une question subsiste : où sont les femmes ? Depuis 2008, les super-héros ont reconquis les salles de cinéma : au moment où nous publions, il y a eu en tout seize films de super-héros en huit ans, tous issus des maisons de production Marvel ou DC Comics. Ces films avaient tous un point commun : le personnage principal était un homme. Marginalement, un personnage féminin était inséré dans une équipe masculine. Pourquoi de telles disparités ? Un profil idéal Dans une époque marquée par les affrontements en tous genres, nous avons soif de figures à admirer et les super-héros ont le profil idéal. Typiquement, un super-héros a été profondément marqué par un drame : l’assassinat de ses parents (Batman), la destruction de sa […]

Le CSA s’engage contre le sexisme : vigilance et recommandations

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel –   CSA  – s’empare désormais de la question du sexisme et de l’image des femmes véhiculée par les médias. Échange avec Sylvie Pierre-Brossolette, membre du CSA et présidente du groupe de travail « Droits des femmes », journaliste, éditorialiste politique dont la carrière prestigieuse n’a pas entamé sa détermination à faire évoluer la condition et la place des femmes. Les droits des femmes ont été l’an dernier un sujet fort pour le CSA avec la délibération de février 2015. Quel en a été l’impact ? Comment accompagne-t-elle la présidente du groupe de travail que vous êtes au sein du CSA ? La délibération de février 2015 est un temps fort de l’application de la loi du 4  août 2014. Elle en fixe les règles d’application. Chaque année, les télévisions et radios doivent nous déclarer leur évaluation de la présence des femmes sur leurs antennes. Une évaluation quantitative, mais aussi qualitative, pour les inciter à examiner – et donc à […]

Lemonade ou le féminisme de Beyoncé

Choisissant de s’affranchir d’une image lisse de superstar, Beyoncé signe un album visuel percutant. Ancrée dans la réalité de la communauté noire-américaine d’aujourd’hui, le message porté par Lemonade n’en est pas moins universel et radical. Lemonade (1), le dernier album de Beyoncé, a suscité une vague de réactions enflammées aux États-Unis dans tous les groupes qui partagent un discours émancipateur. Les féministes ont reconnu dans l’oeuvre une continuité de leurs réflexions et analyses. Pour les militant.e.s des droits civiques, il fait écho à l’activisme #BlackLivesMatter (2) de ces dernières années. Mais de quoi Lemonade est-il vraiment le nom ? Le personnel est politique Si Beyoncé évoque dans Lemonade l’infidélité de son époux, c’est surtout pour exposer son propre parcours et sa propre analyse. Face à leurs blessures, on attend toujours des femmes qu’elles se contiennent dans un silence que l’on dit « digne », mais nos aînées féministes l’affirmaient avec raison, le personnel est souvent politique. Beyoncé refuse avec force d’être définie en quoi que […]

#stopvioldjibouti

Les femmes afars sont des Femen. Qui en doute  ne sait rien de ce qui fait le combat de ces femmes. Qui ne comprend pas ce pacte féministe, ne connaît pas cette douleur commune qui étreint les femmes depuis la nuit des temps, des premiers rayons  de leur vie jusqu’au rideau tombant sur leur crépuscule.  Il y a encore dix ans, les femmes afars, lionnes  de la corne de l’Afrique, vivaient le torse nu,  les hanches enrobées dans un pagne aux couleurs vives. Cette légèreté de mouvement cachait cependant les cicatrices des mutilations sexuelles pratiquées depuis des temps lointains sur leur corps, les réduisant à la douleur et la peur. La liberté n’est qu’apparente. Aujourd’hui, des conteneurs de tee-shirts leurs sont imposés par les riches pays du Golfe au nom de l’islam  contre quelques programmes d’éducation ou de santé.  Leur corps est une fois de plus l’enjeu d’une guerre de territoires qui commence par la confiscation  du droit fondamental à en disposer comme elles  le […]

Viols des femmes à Djibouti : l’arme de la répression

Confronté à une opposition civile et armée, le régime autoritaire du Président Ismaël Omar Guelleh utilise toutes les armes pour se maintenir au pouvoir. Parmi ces “armes”, le viol de femmes et jeunes filles afars par ses forces armées et ses forces de l’ordre ne fait l’objet d’aucune poursuite judiciaire. Dix femmes de Djibouti, résidant en France et en Belgique, entament une grève de la faim, le 25 mars 2016, pour dénoncer l’impunité totale dont  bénéficient les soldats djiboutiens auteurs de viols contre des femmes afars, depuis 1993, dans le Nord et le Sud-Ouest de Djibouti. Depuis son indépendance, en 1977, Djibouti vit sous un régime autoritaire. En 1999, Ismaël Omar Guelleh a succédé à son oncle Hassan Gouled Aptidon. En avril 2011, il entamait son troisième mandat après une modification de la Constitution, très controversée selon l’opposition, l’autorisant à se présenter ad vitam aeternam, à l’instar d’un certain nombre de ses homologues africains. L’opposition djiboutienne, quant à elle, est bâillonnée. Toute contestation politique ou […]

Calais, la double peine des migrantes

Calais est cette ville emblématique d’où s’élança Blériot pour traverser la Manche, ville de tous les départs vers l’Angleterre au temps glorieux de l’unique ferry, ville glorifiant depuis le temps jadis ses bourgeois, ville qui repousse loin de son centre-ville… ses migrant.e.s. Dans les allées de la « jungle », les femmes sont des proies faciles. Bien que fuyant des zones de conflits, de pauvreté, elles ne trouvent pas ici la sécurité que notre constitution promet à chaque femme sur notre sol, française ou étrangère. La violence n’a pas de nationalité. Enquête. La proximité géographique de Calais avec l’Angleterre en fait un haut lieu de transit pour les migrant.e.s depuis des années. D’abord, il y eu le centre de Sangatte, géré par la Croix-Rouge, qui ouvre ses portes en 1999. Puis est venue sa fermeture en 2002 qui n’a pas endigué le flot massif des migrant.e.s fuyant la guerre, la misère et la pauvreté, rejoignant le Nord-Pas-de-Calais. La création illicite et sauvage de plusieurs camps, […]

Livre Accès, entretien avec Virginie Brivady

L’invisibilité des personnes en situation de handicap dans notre société est un phénomène difficile à inverser. Sans marginaliser les personnes en situation de handicap et sans se focaliser sur une forme de handicap, la librairie en ligne Livre Accès a le projet ambitieux de mettre en lien des livres adaptés et un public le plus large possible. Les livres adaptés sont universels, pour personne en situation de handicap ou non. Entretien avec sa fondatrice, Virginie Brivady. Quand l’aventure Livre Accès a-t-elle débuté ? J’ai lancé le site Livre Accès en septembre 2012. Au début, l’idée était juste d’avoir un référencement de livres adaptés pour tous, pour pouvoir renseigner les parents et les professionnel.le.s. Mais au fur et à mesure, beaucoup de monde m’a demandé où était le petit panier pour acheter les livres. Ainsi, en septembre 2015, est née l’idée d’une librairie en ligne. L’idée pour vous est de normaliser l’usage des documents adaptés ? Oui, cela va dans le sens de l’école inclusive, de […]