Édito : Sans chemise, sans pantalon…

Fini le temps où Rika Zaraï faisait rire tout le monde en mettant le bourgeois sans che­mise et sans pantalon. À la télé et sur twitter, les journalistes ont parlé d’humiliation parce qu’une poignée de syndicalistes ont attrapé par le col des gars qui n’ont même pas le courage d’affronter leur regard au moment de les priver du droit fondamental de travailler. On nous parle « d’indignité » pour la mise à nu d’une bande de Pinocchio en déroute qui, chaque jour, insultent le prolo en lui mentant sur l’état de son entreprise pour mieux le plumer. Vous voir sans chemise, quel contre-emploi quand, depuis des siècles, vous mettez en slip et soutien-gorge des générations de salarié-es et si ce n’est vous, c’est donc vos pères ! Moi, ce qui m’indigne est que si peu de citoyen-nes se soient justement indigné-es quand on est venu arrêter au petit matin des salariés dans leur foyer pour les mettre en garde à vue… Quand on sait que, […]

“Une histoire de fou”, entretien avec Ariane Ascaride

Dans le dernier film de Robert Guédiguian, Une histoire de fou, Ariane Ascaride est Anouch, une femme assiégée entre deux générations, celle de sa mère rescapée du Génocide arménien et celle de son fils qui hurle vengeance. Alors que l’une s’éteint dans la folie, l’autre s’engage dans la lutte armée pour ne pas y sombrer. De la mémoire ou de l’oubli, de laquelle des deux rives de la tragédie humaine revient-on vivant ? Entretien avec Ariane Ascaride. Dans ce film, vous incarnez Anouch, une mère de famille d’origine arménienne, une femme qui a mari et enfants mais que l’histoire de son peuple va rattraper… Anouch est à la fois une fille et une mère. Elle porte toutes les douleurs de la diaspora arménienne, celle de sa mère qui est une rescapée du Génocide, et qui la transmet à son fils, Aram, qui demande réparation pour ce crime. Elle vit avec un homme qui est l’image même d’une génération d’hommes arméniens qui assurent le quotidien, l’équilibre […]

Naomi Klein, l’avant-garde

L’engagement et le militantisme font partie de l’héritage familial de cette canadienne de 45 ans : grands-parents marxistes, parents immigrés au Canada pour protester contre la guerre au Vietnam… Elle a quant à elle choisi le mouvement altermondialiste qui la « consacre » en 2000 suite à la parution de son essai No logo, devenu un best-seller mondial, où elle condamne notamment la mainmise des entreprises multinationales sur la vie des habitant-es de notre planète. Le capitalisme détraque le temps Son engagement pour la défense du climat est assez tardif, de son propre aveu. Sa prise de conscience remonte à sa rencontre, en avril 2009, avec Angelica Navarro Llanos, ambassadrice de la Bolivie, à qui incombait la lourde tâche de défendre les intérêts de son pays dans les négociations internationales sur le climat. Depuis, Naomi Klein a nettement rattrapé son retard et son récent ouvrage en est la preuve. Elle y explique, d’une manière accessible au plus grand nombre et sur la base de nombreuses […]