Édito : Centenaire 14/18 mortes pour qui ?

Il y a cent ans, l’armistice de la première guerre mondiale était signé le 11 novembre 1918 à Rethondes. Comme tous les grands moments de l’Histoire, celui-ci s’est écrit en rendant invisibles les femmes. Et pourtant… À y regarder de plus près, elles n’ont pas été absentes, ni sur le front, ni sur les départements de l’arrière, ni dans leurs villes, ni dans les campagnes. Que n’a-t-on raconté sur les femmes et la guerre de 14 ? On aime à expliquer que la guerre a marqué le début du travail des femmes, ce qui est faux. Les femmes travaillaient déjà et depuis toujours notamment dans les champs, les fermes, les entreprises et usines familiales. Il a juste été (enfin) obligatoire de les payer pour occuper les places laissées vacantes par leurs maris, leurs frères, leurs fils, en plus du travail quotidien qu’elles ont continué d’effectuer. Alors que le 7 août 1914, René Viviani, Président du Conseil, appelait les femmes à se mobiliser pour maintenir la […]

Édito : Faire le deuil de qui nous étions

Sans ironie aucune en se remémorant ces oeuvres, ces artistes, en revisitant ces rendez-vous télévisuels qui ont produit du rêve et nous ont souvent aussi procuré du plaisir, donné l’envie d’avancer dans la vie, je me rends compte après une année de libération de la parole dans le milieu artistique qu’il nous faut faire le deuil d’une partie de notre enfance et de notre adolescence. La tumeur est énorme. Les exemples sont infinis de programmes, de chanteurs, d’acteurs, de chefs d’oeuvre du cinéma qui furent les théâtres de violences faites aux femmes ou qui véhiculèrent les idées les plus phallocrates ou tout simplement la haine des femmes. Comment faire l’impasse sur ces posters de David Hamilton accrochés dans nos chambres d’adolescent.e.s, ces séquences du Cocoricocoboy avec ses playmates et son gong noir tout droit sorti des colonies, l’adipeux Benny Hill harcelant sexuellement toutes les filles qu’il croisait, même celles qui avaient l’air d’être sa petite-fille, combien de shows des Carpentier (et si…) avec des potiches et des jeunes chanteurs à la moustache 70, de Sardou, de […]

Édito : La même source…

Au moment de jeter ce dernier coup d’oeil sur votre magazine alors qu’il n’existe pas encore au-delà du virtuel sur mon écran d’ordinateur, je me rends compte que vous y découvrirez cet été, une fois de plus, le pire mais aussi le meilleur. C’est une exigence de l’équipe de tenir les deux en équilibre. Le monde dans lequel nous vivons continue de nous meurtrir mais il enfante chaque matin le meilleur de lui-même, une génération de jeunes gens, garçons et filles, qui abordent leur vie avec un nouveau regard, de nouvelles envies. Que de temps parcouru depuis le procès des violeurs d’Anne Tonglet et de sa compagne Araceli Castellano défendues par Gisèle Halimi. L’affaire, jugée en 1978, avait contribué à requalifier le viol en tant que crime et non plus comme délit. Difficile d’accepter qu’aujourd’hui des milliers de jeunes filles continuent de se battre pour « prouver » leur non consentement lors du viol qu’elles ont subi. Mais un vent d’espoir pourrait bien tourner les pages […]

Édito : Courageuse #Mercy comme un enfant…

À l’occasion de mon précédent édito, j’évoquais le sort de la petite Mercy, née le 21 mars 2017 sur l’Aquarius, ce bateau qui rend sa fierté à notre continent, sauvant des migrant.e.s en Méditerranée alors que l’Europe les laisse mourir dans l’indifférence. Sa maman, jeune nigériane, avait embarqué en Lybie sur une coquille de noix dans un océan de peur. Mercy était alors venue au monde en mer. Selon l’AFP, plus de trente enfants sont né.e.s en Méditerranée depuis le début des traversées. Alors que le 12 mai prochain, Emilie Satt et Jean-Karl Lucas défendront les couleurs de la France avec le titre Mercy inspiré de son histoire, l’Assemblée nationale adopte la loi « pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif » le 22 avril dernier. Dans le même temps, des journalistes de France Inter, Alessandro Puglia et Eric Valmir, retrouvent Mercy et sa maman Taïwo près de Catane, en Sicile, dans le plus grand camp de réfugié.e.s d’Europe. En fait, si la […]

Édito : Paradoxal #MERCY

Le 27 janvier dernier, la France a pris une décision importante. Elle a désigné la chanson Mercy du groupe Madame Monsieur pour la représenter au concours de l’Eurovision 2018. Ce groupe, encore inconnu quelques minutes avant sa prestation, était plébiscité dès son passage par des milliers d’internautes sur les réseaux sociaux, dont Anne Hidalgo en personne, première magistrate de Paris s’il vous plaît… Il faut dire que la chanson raconte l’histoire vraie d’une petite fille née en Méditerranée sur un bateau de bénévoles venus secourir sa mère, une des dizaines de milliers de migrantes qui prend la mer chaque année pour tenter la traversée de l’espoir. Et ces traversées, on le sait, se terminent souvent par des morts atroces et anonymes. Cependant, la petite Mercy est bien née, et je me suis finalement demandée si ce n’est pas justement parce qu’elle s’en est sortie qu’elle a tant impressionné le public français qui est tombé en amour pour le bébé. Mercy, une sorte de « wineuse […]

Édito : 7, 8, 9 janvier 2015. Mort.e.s pour la France

Déjà trois ans et chacun.e de nous se souvient de ce qu’il faisait quand, en matinée du mercredi 7 janvier 2015, nous avons appris que la conférence de rédaction de Charlie Hebdo venait d’être la cible de tirs. Et puis les noms des victimes sont tombés. Le mois de janvier ne sera plus jamais comme avant dans notre pays, même si certains avancent l’idée qu’il faudrait tourner la page… Bien sûr que pour les familles des victimes, pour les survivant.e.s de Charlie, de l’Hyper Cacher, aucune page ne peut être tournée. Mais aussi pour l’idée que l’on se fait de notre nation, aucune page ne peut être tournée. Ces crimes ne sont pas seulement des crimes terroristes, ce sont des crimes politiques. Les victimes du 7 janvier 2015 ont été désignées pour ce qu’elles et ils étaient et pas seulement pour ce qu’elles et ils représentaient. Pour la première fois en France, il y eut une fracture publique entre ceux qui leur rendaient hommage et […]

Édito : Effet papillon et théorie du chaos

Bien que nous ne soyons pas un magazine scientifique, je souhaitais m’arrêter quelques minutes sur un phénomène observé par des mathématicien.e.s et météorologues de renom. Je veux parler de l’effet papillon et de son corollaire, la théorie du chaos. Le premier fut exposé par le prestigieux météorologue Edward Lorenz lors d’une conférence en 1972 intitulée « Le battement d’ailes d’un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ? » Vous vous demandez sans doute où je veux en venir, consciente que j’écris ici dans un magazine féministe ? Eh bien, je me suis demandé ce qui avait permis à la première des 94 actrices courageuses qui ont dénoncé les crimes et délits sexuels d’Harvey Weinstein de libérer sa parole. S’est-elle levée un matin, s’est-elle servi un café, a-t-elle ouvert son journal ou rejoint sa salle de gym ? Y avait-il du soleil ?… S’est-elle regardée dans une glace ? A-t-elle senti une tension entre l’estomac et le sternum, à cet endroit précis ou […]

Édito : Des preuves d’amour

143 000 enfants vivent dans un foyer où les femmes sont victimes de violences conjugales, physiques et sexuelles. 143 000 coeurs à la dérive qui n’auront toute leur vie de cesse que de chercher des preuves de vie, des preuves d’amour. Espérer c’est chercher une preuve que l’aube reviendra et qu’après le néant, la nature, les éléments reprendront leurs droits. Le vent viendra ouvrir leurs poumons dans un souffle salvateur, purificateur. Vivre c’est trouver des preuves d’amour. Ces enfants que nous connaissons ne trouvent-ils pas grâce à nos yeux ? Allons-nous continuer encore des siècles de chemin de croix, de sacrifices, remettre en cause leur parole et donc leur existence dans un silence complice. Aux confins de l’été, le sourire d’une fillette brune est venu nous sortir de notre torpeur estivale. Son sourire figé dans l’horreur d’une disparition « inquiétante » viendra-t-il rejoindre celui des enfants martyrs d’une société qui banalise encore les violences faites aux enfants. 143 000 âmes, un chiffre, pas un drame. […]

Édito : La vie est un départ

Matin de juillet 2017, sur ma table, le dernier numéro de Match, un portrait de Simone Veil de décembre 2004. Elle pose devant la porte d’Auschwitz. Non, en fait elle ne pose pas, elle fixe l’objectif. Dans son regard se croise la jeune Simone Jacob, à peine sortie de l’enfance, encore sous le choc de la découverte de cet enfer sur terre et Madame Veil, survivante de la Shoah, la mère, la grand-mère pudique et aimante. Soucieuse de ne pas blesser ses proches par un excès de détails, elle reste consciente de l’immense responsabilité qui est la sienne à l’hiver de sa vie, celle de la transmission de sa mémoire. Il est peu de chose qui m’émeut autant à chaque voyage de mémoire que ces femmes aux cheveux gris repassant, avec souci du détail, comme pour ne pas trahir leurs camarades disparu.e.s, la porte en métal rouillé des camps. Elles se perdent dans le temps, cherchant ce qui n’est plus, à la fois soulagées et […]

Édito : Tais-toi et marche !

Échapper au pire nous condamne-t-il toujours à combattre le « meilleur » ? 20h01, le 7 mai, Emmanuel Macron est élu Président de la République. Mon coeur se desserre d’un coup. Le garrot du fascisme vient de lâcher, le sang réintègre chacun de mes membres exsangues. Je ne pensais pas que la promesse libérale puisse agir sur moi comme un puissant décontractant musculaire. Mon corps se rappelle à moi et la sensation d’apesanteur n’est pas longue, la réalité revient doucement me plomber. La présidentielle m’a laissée KO. Mais promis, cette fois je me tais. Je ne dis rien de ce que je pense. Je ne vous dis rien de ce qui m’accable. Je ne vous dis pas tout ce qui passe dans ma tête libérée. Je ne vous dis pas ma nausée quand je pense que plus de 900 000 filles sont violées chaque année et que la question des violences sexuelles sur les enfants et les femmes n’a même pas été mentionnée dans les débats télévisés durant les élections. Je ne vous dis pas […]

Édito : L’orgueil des hommes, la colère des femmes

Nous les femmes n’avons jamais rien eu à attendre des hommes. Tout ce que nous avons obtenu, nous l’avons gagné de haute lutte sans rien concéder. Mais voilà pourtant que notre sort à gauche est entre les mains de Ben l’Oncle Soce et Fidel Jean-Luc, deux machos à l’ego surdimensionné qui jouent avec nos vies, nous les femmes. Ensemble, ils seraient quelqu’un. Seuls, ils ne seront plus personne. En face d’eux, le fascisme et la vermine réactionnaire nous guettent du coin de l’œil, attendant leur heure, l’heure où tous deux riront du pauvre sort qui nous sera fait, à nous les femmes. S’ils sortaient du bois, fini alors l’arrogance des féministes, le vent de liberté ; retour au bercail, nappe Vichy et tablier bleu marine. Et pendant ce temps, à gauche, nos deux compères continuent de se demander qui pisse le plus loin. Quand cette gauche s’écrit au masculin, elle nous fait prendre des risques majeurs, à nous les femmes. Comment avons-nous pu laisser notre sort entre les mains de deux petits gars aux ambitions […]

Édito : Le même regard…

À l’heure où nous mettons sous presse, vient de tomber l’heureuse nouvelle : François Hollande prononce la grâce totale de Jacqueline Sauvage, cette femme qui a tué son mari après avoir subi, ainsi que ses filles, les violences et les viols de cet homme. Pourquoi cette femme, dont la vie a été tant médiatisée sans le vouloir, est-elle devenue pour toutes les femmes un symbole ? Est-ce parce que sa vie parle à toutes ou plutôt parce que toutes connaissent ce sentiment d’impunité, d’injustice face aux violences sexistes ? Nous avons toutes le même regard, sur nous, sur l’autre qui n’est pas nous. Ça commence par une blague salasse dans le métro, ça continue par une « main baladeuse » à la photocopieuse, ça finit par un mari qui ne vous entend pas quand vous lui dites non. C’est le même regard que celui de Jacqueline Sauvage face aux questions de ceux qui ne la croient pas. Il est curieux de remarquer que, si vous portez […]

Édito : Selon mon intime conviction…

Ça y est, je l’ai fait. Si, si, je vous jure, j’voulais pas parce que je suis plus underground que ça. Et puis je suis une vraie journaliste qui s’intéresse à des sujets « sérieux ». Excusez du peu… Bon, L’amour est dans le pré, j’avoue, j’avais déjà regardé mais bon j’ai des excuses, mes racines paysannes. Et puis Je suis un peu écolo quand même. La nature, le grand air… Je l’ai fait, j’ai regardé Une ambition intime…, l’émission de Karine Le Marchand. Vraiment, le plus grave c’est pas qu’elle ait « dragué » Marine Le Pen. Mais la voir la défendre face à Patrick Cohen comme on défend une relation inavouable à la table familiale commençait à m’interloquer… Normal, une Noire qui défend une facho attaquée par un juif, on se croirait dans un sketch de Nicolas Bedos… En sait-on plus sur les politiques quand on sait s’ils sont slip kangourou ou caleçon long ? Des décennies que les femmes journalistes tentent de […]

Édito : Burkini, un drapeau ou un mouchoir de poche

L’intention est aussi importante pour juger l’acte que l’acte lui-même. Les personnes qui “proposent” aux femmes de se baigner habillées pendant que leurs maris offrent leurs torses bronzés au soleil sont des intégristes, comme celles qui apprennent aux fillettes “la pudeur” pendant que leurs frères déjeunent sans tee-shirt à la table familiale. Fils et filles de l’inquisition, ils sont d’un autre âge, celui qui a vu brûler Jeanne d’Arc. Dans ce pays, le clivage droite-gauche est devenu un mode de pensée qui semble exonérer les politiques de toute forme de réflexion et de proposition. Il n’y a pas un mot que j’exècre plus que le mot STIGMATISATION, ce mot déposé par les intégristes dans les bouches des intellectuel.le.s de la gauche radicale pour les paralyser ; ce mot qui, une fois prononcé, menace ceux qui en sont la cible de tous les “ismes”, racisme, colonialisme, orientalisme… Les arrêtés contre des femmes en burkini étaient une mauvaise réponse, une réponse parfois violente à une question simple […]

Édito : Résiste

Si la nouvelle a donné lieu à de nombreux articles dans la presse, le grand public semble être passé à côté d’une décision particulièrement importante pour l’avenir de notre démocratie. L’association catholique ultra traditionaliste Civitas, pro-vie et anti-avortement, vient de se déclarer parti politique et donc obtenir les conditions pour être financé comme tel. Rappelons que le projet de ce groupe proche de l’extrême droite est de « rechristianiser la France, de promouvoir et défendre la souveraineté de l’identité nationale et chrétienne ». Civitas se définit comme un « mouvement politique inspiré par le droit naturel et la doctrine sociale de l’Église catholique », il souhaite « la restauration de la royauté sociale de notre seigneur Jésus Christ… » Stop, n’en jetez plus, la cour est pleine. On comprendra aisément que cette décision remet en cause un pan entier de notre pacte républicain et avec lui l’article premier de notre Constitution : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure […]

Édito : Maya est morte ce matin

Maya est morte ce matin. Je ne sais même pas si je peux être triste. La peine a-t-elle un sens ? La peine est ce sentiment qui laisse place à d’autres séquences émotionnelles. Le temps possède son propre pouvoir sur la douleur. Mais peut-on jamais faire le deuil de celles et ceux qui manqueront à leur siècle ? Elle gardait des heures sombres de l’occupation ce regard d’enfant cachée qui a une revanche à prendre sur les adultes. Il y a des étoiles jaunes qui restent cousues sur votre veste bien longtemps après que les fils en aient été disjoints. La judéité est une chaleur de l’enfance qui rappelle la main maternelle sur votre joue, la judéité est un parfum. Maya éprouvait une douleur sourde face à cette montée d’encre noire fraîche, face à l’odeur nauséabonde de l’antisémitisme ressurgissant de son passé, avec les peurs et les bruits de bottes en écho. Et puis le goût de la bile qui vous brûle quand, ces dernières […]

Édito : “Nul ne semblait vous voir français de préférence”

“Nul ne semblait vous voir français de préférence Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant” Louis Aragon, Le roman inachevé, 1955 21 février 2016, la matinée est fraîche mais les rayons du soleil inondent les allées du cimetière d’Ivry. Je me fonds dans la foule compacte qui vient rendre hommage aux héroïnes et héros de l’Affiche rouge. Cette année, plus encore, le rendez-vous est indispensable et salutaire face à la déferlante fasciste et au sentiment anti-étranger qui monte dans notre pays. À travers le groupe Manouchian, c’est tout l’apport, le sacrifice des étrangers pour la France que nous célébrons à l’heure où tout s’écrit pour faire oublier que sans les Arméniens, les Italiens, les Polonais, les juifs fuyant les pogroms de l’est, les Algériens… Sans l’énergie de celles et ceux qui ont tout laissé pour embrasser un nouveau destin, sans ces femmes et ces hommes qui ont confronté leur existence à cette temporalité inconcevable qu’est la route de l’exil, la France ne […]

Édito : Combien de regards ?

Lors de son concert à Paris, Agnès Jaoui, invitée de ce numéro, chantait Todo cambia de la grande chanteuse argentine Mercedes Sosa. La réécoutant sur un site bien connu de musique en ligne, je découvrais que l’auteur de cette chanson n’était autre que Julio Numhauser lui-même créateur du groupe Quilapayùn, interprète du célèbre El pueblo unido jamas sera vencido. Alors que la nuit tombait sur notre capitale, je succombais à la tentation de réécouter ce titre devenu l’hymne du peuple chilien face à la dictature Pinochet. Mais je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans… Alors, moi-même enfant, j’étais fort impressionnée par ces hommes aux voix profondes, semblant porter à eux seuls toute l’espérance et la détermination des peuples d’Amérique latine en proie à des dictatures sanglantes et féroces. Cette chanson, El pueblo unido jamas sera vencido, porte en elle l’idée forte qu’une somme d’individualités peut faire basculer le pire des ré­gimes. Puis je me dis que nous avions peut être trop […]