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Verdict du procès d’Aung San Suu Kyi reporté : la junte birmane hésite
31 juillet 2009
Ce matin à Rangoon un responsable birman a annoncé que le verdict du procès d’Aung San Suu Kyi a été renvoyé au 11 août, au motif que « les juges doivent réexaminer le dossier », sans fournir plus d’explication.
Cette décision n’est guère surprenante, elle témoigne d’un embarras certain des généraux birmans sur la façon de gérer le « cas » Aung San Suu Kyi. Alors qu’à l’ouverture du procès le 18 mai la cour montrait un réel empressement, le procès a finalement trainé en longueur en étant ajourné à de multiples reprises.
Les hésitations des généraux birmans à annoncer la condamnation de l’opposante birmane et Prix Nobel de la Paix sont à mettre en perspective avec l’ampleur des condamnations internationales. Si le bloc occidental a évidemment dénoncé le procès politique à l’encontre de la dirigeante du parti démocrate, la réaction asiatique a été inattendue. L’ASEAN commence à se distancer clairement de son membre paria et à beaucoup moins protéger les généraux birmans que par le passé. L’échec de la visite au début du mois de juillet du secrétaire général de l’ONU, et l’humiliation de M. Ban Ki-moon qui n’a pu obtenir la moindre concession, pas même celle d’un entretien avec Aung San Suu Kyi, a des conséquences sur la gestion du dossier birman à l’ONU.
En parallèle, la junte birmane doit gérer aussi un autre front : celui de la mobilisation nationale. Des sources à Rangoon indiquent que les autorités craignent un mouvement de protestation de masse au sein de la population birmane à l’annonce de la condamnation. La sécurité a été renforcée dans Rangoon, avec l’arrivée de troupes supplémentaires venues rejoindre les forces de sécurité. Au cours de la nuit dernière pas moins de 10 membres de la LND, le parti démocrate d’Aung San Suu Kyi, ont été arrêtés : ces arrestations sont une nouvelle preuve de la défiance totale de la dictature birmane aux injonctions du Conseil de Sécurité de l’ONU appelant à la libération de l’ensemble des prisonniers politiques. Si la communauté internationale a globalement exprimé son indignation quant à la tenue de ce procès, il reste maintenant à transformer ces paroles en actes concrets : la mise en œuvre d’un embargo mondial sur les armes, l’ouverture d’une commission d’enquête internationale pour crimes contre l’humanité, ou encore l’introduction de sanctions financières et bancaires ciblées. En parallèle, les initiatives diplomatiques doivent être renforcées, et initiées de façon mieux coordonnée pour exercer une pression maximale sur la junte birmane, et sur l’ASEAN.
Le changement ne saurait venir d’une seule action, d’une seule sanction ou d’un seul pays. C’est la raison pour laquelle la communauté internationale doit se servir de chacun des outils dont elle dispose pour faire pression sur la dictature afin que soient libérés tous les prisonniers politiques, que cessent les attaques contre les minorités et que l’on entre dans une véritable négociation conduisant à une transition démocratique. Contact : Isabelle Dubuis 06.83.37.80.38
Isabelle DUBUIS coordinatrice d’INFO BIRMANIE 74, rue Notre Dame des Champs - 75006 PARIS (France) Tel : 01.46.33.41.62 email : info_birmanie@yahoo.fr
